L’origine du Mont-Saint-Michel

Plus qu’un simple rocher de granit, le Mont-Saint-Michel incarne le génie de l’homme. Comment cela s’est – il passé au cours du temps ?

Un peu de géographie, le rocher avant le Mont-Saint-Michel.  Nous commençons l’histoire des origines du Mont-Saint-Michel, par un peu de géographie. Au début de notre ère, existent trois collines sur le continent, elles dominent une plaine boisée par « La Forêt de Scissy ».  Le Mont, n’est comme les deux autres collines, qu’un rocher inhabité sur le continent avant toute construction. 

Un raz de marée ? Entre le Ier millénaire avant Jésus -Christ et le Xe siècle après JC, la montée du niveau de la mer anéantit la forêt de Scissy qui entourrait le Mont Tombe et l’îlot de Tombelaine. Le paysage se modifie, le littoral s’affaisse, la mer envahit les bois, elle entoure le Mont Tombe pour la première fois, formant une coupure avec le continent.  Une légende évoque alors un raz de marée, à caractère miraculeux…

Photo du Mont Dol. Il est aujourd’hui toujours à l’intérieur des terres, il culmine à 65 mètres de haut.

      Le Mont Dol actuellement culmine à 65 mètres de haut

Photo de l’îlot de Tombelaine. Il est dans la baie et se trouve aujourd’hui entouré par la mer à chaque marée. Il a environ 45 mètres de haut. Il mesure 250 mètres de long et 150 mètres de large. Il est distant du Mont Tombe, de   3 Kms.

L’îlot de Tombelaine actuel dans la baie, il est entouré par la mer à marée haute.

Enfin un dessin naïf du Mont-Tombe datant du XIe siècle.

   Dessin naîf du XI e siècle  censé représenter le Mont-Tombe.

Le Mont-Tombe est une colline rocheuse, de forme à peu près circulaire d’environ 960 mètres de pourtour, 78 mètres de hauteur, et d’une superficie d’environ 7ha. Le rocher se trouve aujourd’hui à 2 kms de la terre ferme. Il est situé à 48° 38’10 de latitude Nord et à 1°30’40 de longitude Ouest. Il est entouré par la mer à chaque grande maréé et devient une île.

Des ermites dès le VIe siècle. On rapporte que vers le VIe siècle, des ermites chrétiens s’installèrent déjà sur le Mont-Tombe, en construisant deux oratoires. Mais la véritable histoire du rocher va commencer avec l’évèque d’Avranches, la petite ville  voisine.

L’instauration du culte de l’archange saint-Michel. Lors de son sommeil  en 708, l’évêque d’Avranches, Aubert, voit par trois fois saint-Michel. Il reçoit l’ordre de fonder sur le rocher du Mont Tombe, un nouvel oratoire placé sous la protection de l’archange. L’illustration ci-dessous représente Aubert durant son songe, elle est tirée du Cartulaire du Mont-Saint-Michel, un manuscrit de 1150.

                 Le songe de l’évêque d’Avranches, Aubert.

Une petite communauté de clercs s’installe donc avec Aubert sur le rocher du Mont-Tombe. Mais à l’époque des pélerinages, il manque encore quelque chose, ce sont des reliques à vénérer, provenant de l’archange…

On connaît à l’époque un site en Italie, où sont vénérées des reliques de l’archange saint Michel, c’est au sommet du Monte Gargano, La vie religieusele Mont-Gargan, dans la région des Pouilles. Là, dans les années 490, l’archange est apparu à trois reprises à l’évêque italien  de la vile de Siponto. Celui-ci décide d’aménager un sanctuaire dans la grotte du Monte Gargano, et avec la vénération de reliques. 

       Carte de situation du Monte Gargano

La tradition qui accompagne la fondation du Mont-Saint-Michel en Normandie, s’inspire du sanctuaire italien. L’évêque Aubert envoie en 709, un petit groupe de religieux avec une escorte, jusqu’en Italie. Ils rapportent des traces matérielles du passage de l’archange, un morceau de son manteau, un fragment d’une pierre portant l’emprunte de son pied … !  Les reliques de saint-Michel rapportées, le Mont Tombe, devient  alors le Mont-Saint-Michel, sa nouvelle appellation jusqu’à aujourd’hui. Les pélerinages de tout l’Ouest, commencent à affluer vers le rocher du Mont-Saint-Michel.

L’arrivée des moines bénédictins en 966. Au Xe siècle les Ducs de Normandie sont très au fait de l’implantation des abbayes dans toute l’Europe. C’est ainsi que le petit fils de Rollon, surnommé Richard Ier sans-Peur, intervient au Mont-Saint-Michel en 966. Il apprend que la communauté fondée à l’origine par Aubert et qui vit au Mont, est tombée en négligence.

                        Situation de Saint-Wandrille

Il décide de la remplacer  et demande à l’Abbaye de Saint-Wandrille, située dans la vallée de la Seine, près de Rouen d’envoyer une douzaine de moines bénédictins, afin de créer une nouvelle abbaye sur le Mont-Saint-Michel.

 

Ainsi commence sur le rocher, la vie monastique selon la Règle de saint Benoît. Le destin du Mont-Saint-Michel est alors tracé, le monde médiéval va se concentrer sur le rocher et les moines bénédictins vont se révèler être de grands bâtisseurs.

              Ce qu’est devenu le rocher du Mont-Saint-Michel

Voilà ce qu’est devenu le Mont-Saint-Michel à partir du XIe siècle et durant les siècles suivants. C’est l’exploit extraordinaire, des moines bâtisseurs animés par leur foi.

Je vous invite à visiter ce très beau lieu, que l’UNESCO a inscrit au Patrimoine mondial, dès 1979.