Le Mont-Saint-Michel, une commune

 

Blason du Mont-Saint-Michel

Blason de la commune du Mont-Saint-Michel. On oublie que le Mont-Saint-Michel c’est aussi une commune. Pour beaucoup de touristes le Mont-Saint-Michel c’est avant tout la montée à l’abbaye, la visite de la Merveille, et la promenade sur les remparts. C’est pourquoi nous lui consacrons une page du site. Vous présenter tout ce qui ne se voit pas, la commune qui accueille chaque année 2,5 millions de touristes La photo du haut, mise en avant, est la mairie située au dessus de la Porte du Roi.

Bonjour Monsieur le Maire. 

M. Bono, Maire

Monsieur Jacques BONO est le Maire du Mont-Saint-Michel, élu depuis le 15 mars 2020. Ancien membre du conseil municipal du Mont, il succède à M. Yan Galton. Il est le 37e maire de la longue liste des maires vénérables qui se sont succédés depuis la Révolution française. Son nom sera inscrit bientôt sur sur le tableau jaune des maires ci-dessous.

Un poste de maire prestigieux Le maire, premier magistrat administre la petite ville en relation avec l’Etat. Il accueille officiellement les personnalités du monde entier en visite au Mont-Saint-Michel, c’est donc un poste prestigieux.

La formation de la commune La commune du Mont-Saint-Michel tire son nom du massif rocheux, formant îlot et dédié à saint Michel depuis l’an 708. Cet îlot est couronné par l’église abbatiale et les bâtiments de l’ancienne et célèbre abbaye bénédictine. Autour de l’important centre monastique, le bourg au cours des siècles s’est construit en amphithéâtre sur l’îlot haut de 50 mètres et qui compte environ 900 mètres de pourtour. Le Mont est une commune française à part entière du département de la Manche, et est située dans la Région Normandie. Elle dépend de l’arrondissement d’Avranches et du Canton de Pontorson, de la Communauté d’agglomération Mont-Saint-Michel – Normandie.

La Mairie est située au-dessus de la Porte du Roi
Tableau des Maires depuis la Révolution

Le Conseil municipal est présidé par Monsieur le Maire. il est assisté par 2 adjoints et 4 conseillers municipaux, le Conseil se réunit tous les deux mois. Le personnel municipal comprend 12 personnes : 2 Personnes pour le secrétariat de la Mairie, 3 Agents en charge de la Régie, les livraisons et les services des poubelles, 1 agent pour le service du balayage, 3 Agents pour les services techniques et Incendie. Et enfin de 3 Policiers municipaux.

Intérieur de la Mairie, la salle du conseil 

 

Le plan de la commune

Plan du Mont-Saint-Michel
Plan du Mont-Saint-Michel
Vitrine des présents

Ci-dessus, une vitrine conserve les présents offerts par les personnalités en visite et reçues officiellement par la commune du Mont-Saint-Michel.

Le Mont-Saint-Michel une commune classéeUne petite ville classée « Monument historique » en 1930. Seule l’église abbatiale est classée Monument Historique en 1874. La ville doit entretenir les vieux remparts qui nécessitent un budget  très lourd. C’est pourquoi a partir de 1879, les anciens remparts du Mont-Saint-Michel sont affectés au Service des Beaux-Arts. Puis vient le classement de l’église paroissiale saint-Pierre.  Enfin la loi du 2 mai 1930 inscrit à l’inventaire des sites pittoresques de la Manche, la commune du Mont-Saint-Michel, ce qui classe le Mont dans sa totalité. Par exemple, la Mairie est en usufruit, la commune n’est pas propriétaire des locaux qu’elle occupe, elle en a seulement l’usage…De même les commerces ou les restaurants ne peuvent réaliser des travaux, sans l’accord préalable des Monuments historiques.

Le Mont-Saint-Michel, cité médiévale un peu particulière. Tout d’abord au Mont, aucune voiture ne peut entrer. Elles doivent comme les cars se garer obligatoirement aux parkings organisés sur le continent depuis avril 2012. Remarquons que les  commerces qui font habituellement le centre bourg de toute commune de France, sont absents du Mont-Saint-Michel. Vous ne trouverez pas dans la vieille cité, de boulangerie-pâtisserie, de boucherie-charcuterie, pas de bureau de tabac, pas de boutiques d’équipement de la vie quotidienne comme une droguerie, une quincaillerie ou un marchand de journaux et enfin il n’y a pas d’artisans ou de petites industries. Le Mont ne possède plus d’école communale depuis 1972 et le seul service public qui subsiste est le bureau de poste. Il permet aux nombreux touristes d’envoyer une carte postale de la « Merveille de l’Occident » avec le cachet de la poste. Ce que nous venons de dire n’est pas à prendre comme un reproche envers la municipalité. C’est un constat d’une situation qui s’est imposée depuis 1950, avec la montée du tourisme de masse.

La Poste du Mont-Saint-Michel
La Poste du Mont-Saint-Michel
La Poste et l’Office du Tourisme sont regroupés, depuis un an

La population du Mont depuis la Révolution

Evolution des habitants du Mont-saint-Michel
Graphoque des habitants du Mont-Saint-Michel

Explication du graphique. En 1793, à la suite de la Révolution française le monastère est aménagé en une vaste prison qui accueille 300 prêtres réfractaires qui refusent la Constitution Civile du Clergé. Ce chiffre est augmenté par les « Vendéens » les vaincus de la guerre civile. Puis en 1811 Napoléon Ier conserve la prison, appelée « maison de force », 200 détenus arrivent en plus, et des prisonniers des deux sexes  en transit ou destinés à la déportation, passent parfois par le Mont, le chiffre grossit à 700 ou à 800 détenus. Les révolutions en France, de 1830 et 1848 viennent augmenter la population carcérale. A cela s’ajoute l’effectif des gardiens qui font les rondes, la garnison qui effectue la garde extérieure et les transferts entre prisons. On atteint ainsi en 1.851 le chiffre maximum de 1.182 habitants occupés essentiellement par le centre pénitencier.

En 1863 Napoléon III signe un décret supprimant la Maison Centrale, ce qui entraîne une baisse immédiate de cette population du Mont. Elle va se stabiliser autour de 200 à 230  personnes qui vivent d’un petit courant touristique maintenu par l’arrivée en 1901 du chemin de fer du Mont-Saint-Michel.

Le train arrive au Mont-Saint-Michel
Le train arrive jusqu’aux remparts du Mont-Saint-Michel

Mais après la deuxième Guerre Mondiale, dans les années cinquante, le rocher voit encore sa démographie baisser. En effet les logements sont transformés en boutiques de souvenirs ou en restaurants et les quelques 300 personnes qui travaillent durant la saison haute, vivent maintenant en dehors du Mont, sur le continent, à Pontorson, à Avranches, ou à Dole.

            29 Résidents permanents

Au recensement de 2016 on obtient  29 résidents permanents, chiffre qui inclut les 14 religieux des Fraternités Monastiques. Le reste étant des propriétaires de restaurants ou de magasins domiciliés au Mont intra-muros ou à La Caserne, le complexe hôtelier installé sur le continent.

Entrons dans la vieille cité

On franchit la seule ouverture dans les remparts de 1530, « la Porte de l’Avancée », et on accède à la première cour qui porte le même nom. Sur la droite, on aperçoit une bombarde de calibre 380, prise aux Anglais, lors de la Guerre de Cent Ans. Franchissons la Porte du Boulevard. 

Après être passé devant le restaurant de La Mère Poulard, situé sur la gauche on s’engage sur le pont-levis rénové en 2013, de la Porte du Roy, au dessus est située la Mairie.

La Porte du Roy
Le pont levis de la Porte du Roy entièrement restauré en 2013.

Nous sommes dans la Grande Rue, le début de la rue principale de la petite ville, divisée en Rue Basse et Rue Haute. Elle suit la ligne des remparts, c’est l’unité du matériau, le granit alternant avec le bois qui crée l’homogénéité de l’atmosphère et l’harmonie. 

Les maisons pittoresques ne sont pas antérieures au XVe siècle, c’est de ce côté que la ville s’est agrandie lors de la construction du rempart vers 1420. La Rue Haute monte et se déroule en escaladant les rampes du rocher vers le Nord.

Toutes ces constructions s’étagent au-dessus les unes des autres et ne communiquent entre elles, que par d’étroites ruelles à pic, que l’on appelle « venelles ».

Il est 6 heures le Mont… s’éveille 

Le Mont va s'éveillerNous avons repris ce titre qui rappelle celui d’une chanson de Jacques Dutronc, pour évoquer en images, la vie ordinaire du Mont-Saint-Michel au jour le jour. Cette vie de travail de tous ceux qui s’apprêtent à accueillir dignement la marée des touristes qui viennent pour la première fois ou une nouvelle fois en visite. En haute saison :

6.100 visiteurs quotidiens intramuros 

Une Régie communale 

La Grande Rue est la seule rue pour approvisionner les hôtels, les restaurants et les magasins de souvenirs. Il y a un problème car elle est étroite et on ne peut se croiser. La commune a résolu la difficulté en établissant une Régie communale qui assure les livraisons à l’aide de 3 chariots élévateurs.

L’éclairage du village   

L’éclairage du village et de l’abbaye sont mis au point entre la Mairie et les Monuments Historiques.

Rue principale le soir
La rue principale le soir

L’omelette de la Mère Poulard. Lorsque le premier architecte M. Corroyer arrive de Paris en 1874 pour restaurer l’abbaye, il est accompagné de sa jeune femme de chambre, Melle Annette Boutiaut. Elle fait connaissance du boulanger du Mont, Victor Poulard, avec lequel elle se marie. Les jeunes mariés se lancent dans la restauration dans l’auberge de La Tête d’or, située à la place du bureau de Poste actuel.

Mme Poulard
Mme Poulard devant son premier restaurant

En 1888, les Poulard intègrent les locaux de l’actuel restaurant situé plus en avant, Boulevard du Roi.

Le nouveau restaurant de Mme Poulard
Le nouveau restaurant de Mme Poulard

Le restaurant actuel

Le restaurant de la Mère Poulard aujourd'hui
Le restaurant de la Mère Poulard aujourd’hui.

Pourquoi servir une omelette ? A l’époque comme encore maintenant les pèlerins ou les touristes passent une partie de la journée au Mont. La difficulté consistait à servir un nombre de couverts très variable et dans un laps de temps assez court, les visiteurs devant regagner les voitures de louage, le tramway et par la suite leur automobile.  Fin XIXe siècle, la cuisine est rustique, on mange les produits du terroir qui proviennent des fermes voisines des polders. Pour faire face à l’affluence on peut rapidement aller chercher en charrette plusieurs paniers d’oeufs. La mère Poulard  a l’idée de pouvoir proposer à toute heure de la journée, une omelette, baveuse comme un soufflé, accompagnée d’une bolée de cidre et d’un morceau de camembert. C’est simple, mais suffisant pour rassasier rapidement une foule fatiguée par l’excursion. Le restaurant des Poulard s’est ainsi bâti une solide réputation avec leur fameuse omelette en France et au-delà des frontières. Le restaurant propose aujourd’hui non seulement la célèbre omelette, mais aussi une carte avec plusieurs menus pouvant satisfaire les touristes.

Des responsabilités comme celles d’une grande ville. Bien que n’ayant que 29 habitants résidents, la commune du Mont-Saint-Michel avec 2,5 millions  touristes accueillis par an, assume des responsabilités identiques à celles d’une grande ville.

Une station d’épuration

Il n’y a pas si longtemps encore, dans les années 1980, les eaux usées du Mont-Saint-Michel partaient par gravitation rejoindre les eaux de la mer qui les emmenait au large à chaque marée. Depuis 1994 une station d’épuration est en fonctionnement, correspondant à la fréquentation du célèbre rocher.

 

Mont-Saint-Michel station épuration d'eaux usées
Une station d’épuration sur 5,5 hectares, invisible et inodore situé au-delà des parkings.