Le Mont-Saint-Michel en feu

 

Notre Dame en feu

L’incendie de la toiture de Notre Dame de Paris, le 15 avril 2019

Tout le monde a en mémoire les images de l’incendie de Notre Dame de Paris, survenu en fin de journée, le lundi 15 avril 2019. On peut s’étonner qu’un tel monument religieux et emblématique de la capitale, puisse s’embraser si rapidement, laissant l’homme impuissant devant ces flammes ! Incendie accidentel provoqué par les travaux en cours, de rénovation de la toiture et de la flèche, ce n’est pas un cas isolé hélas.  Mais cela nous interroge sur la conservation de  notre patrimoine historique en France. Est-il menacé ? Nous nous intéressons au cas du Mont-Saint-Michel, classé par l’UNESCO patrimoine mondial de l’humanité en 1979. 

Les incendies du Mont-Saint-Michel

Nous rappelons les incendies répétés qui ont eu lieu au cours des siècles au Mont-Saint-Michel. Mais à la différence de celui évoqué de Notre Dame de Paris, le feu sur le rocher de la Merveille est déclenché le plus souvent par la foudre qui tombe sur le point le plus haut de la baie, c’est à dire sur l’abbaye. On compte pas moins de neuf incendies qui de 992 à 1834, détruisent différentes parties de l’abbaye:

  • En 992, c’est la destruction de la charpente de l’église et d’une partie du bourg.
  • Puis les incendies de 1102 et 1113.
  • En 1300, la tour abbatiale part en fumé, ainsi qu’en 1421. Et encore en 1313, 1350, 1374, et 1500.
  • En 1594, la foudre détruit la flèche et la charpente du choeur gothique des moines.
  • En 1776, les trois premières travées romanes de l’église abbatiale s’effondrent à la suite d’un incendie. Les moines décident de les remplacer par une terrasse donnant à l’Ouest. L’église abbatiale est alors fermée par une façade de style classique que nous voyons aujourd’hui, sur cette photo.
Façade Ouest de l'église abbatiale
La façade Ouest de style classique de l’église abbatiale, donne sur l’esplanade.
  • En 1818, c’est au tour de l’hôtellerie et de l’infirmerie d’être touchées par un incendie.
  • En 1834, c’est enfin l’incendie représenté par la lithographie qui figure ci-dessous  mais qui est d’origine domestique dans un entrepôt.
Incendie du Mont-Saint-Michel
Incendie au Mont-Saint-Michel de 1834, lithographie.

L’incendie dans la prison, du 23 octobre 1834, d’origine domestique.  

Alors que le Mont-Saint-Michel  est une prison, le 23 octobre 1834, à minuit, le feu se déclare dans les magasins à paille utilisée par les prisonniers qui fabriquaient des chaises. Activé par un vent violent, le feu envahit les ateliers des prisonniers, la chapelle et l’église abbatiale. Malgré les efforts de détenus politiques, le feu n’est maîtrisé que le lendemain vers 3 heures de l’après-midi. Une gravure insolite du Mont en feu, illustre cet incendie, le ciel est rouge et enfumé. c’est à la suite de ce sinistre, que la tour centrale de l’église est gravement ébranlée.

Les incendies provoquent des destructions partielles ou importantes des bâtiments de l’abbaye. C’est souvent l’occasion de repenser les plans de l’architecture des constructions en ruines et de créer de nouveaux aménagements.

Après ce dernier incendie de 1834, il faut attendre l’arrivée du deuxième architecte des monuments nationaux, M. Petitgrand qui entreprend en 1890, la reconstruction du clocher de l’abbaye qui menaçait de s’écrouler. L’architecte  suit l’exemple des nombreuses restaurations de clochers et de flèches réalisés au milieu du 19e siècle. Il réalise une flèche de style néogothique, qui s’élève à 157 mètres au dessus des grèves, elle est surmontée par la statue dorée de l’archange saint Michel, oeuvre du fondeur Fremiet, très connu à l’époque. On va mettre à profit la technique du paratonnerre qui s’est améliorée.

  • Comparaison du paratonnerre de la flèche de Notre Dame de Paris et de celle du Mont-Saint-Michel. Une réalisation un peu semblable, la flèche de Notre Dame de Paris est établie par Vilollet-le-Duc en 1859. Elle a à son sommet un coq en cuivre possédant à l’intérieur des reliques, et qui sert de paratonnerre à la cathédrale. La flèche du Mont a à son sommet l’archange qui sert également de paratonnerre, et qui a montré son efficacité puisqu’aucun incendie causé par la foudre, ne s’est déclaré depuis son installation. 

 

Flèche et archange saint
La flèche et la statue de l’archange saint Michel.
Abbaye du Mont-Saint-Michel

 

Clocher et flèche du Mont-Saint-Michel
Le Mont-Saint-Michel, le nouveau clocher et sa flèche réalisés en 1897.

On doit donc à l’architecte M. Petitgrand, l’aspect visuel du Mont que nous observons aujourd’hui. 

La surveillance incendie, actuellement au Mont-Saint-Michel.

Pour information, le bourg et l’abbaye sont toujours au 21e siècle, menacés par des incendies. car il y a  encore beaucoup  de charpentes en bois dans les constructions anciennes. Plusieurs rondes sont effectuées par une société de surveillance chaque nuit, après le départ des touristes, pour prévenir tous risques d’incendie dans les restaurants, les hôtels et les magasins de souvenirs. L’abbaye elle, est équipée de détecteurs incendies situés à des endroits stratégiques. Et on a profité des grands travaux récents du Rétablissement du Caractère Maritime pour installer en 2014, une citerne incendie de 32m3 d’eau claire. Elle est enterrée devant l’entrée du Mont, sous l’esplanade et repérée d’une croix sur la photo. Elle permet une alimentation immédiate en eau des lances des pompiers, qui ne peuvent utiliser l’eau de mer, à cause du sel.

 

Citerne incendie sous l'esplanade
L’esplanade recouvre la citerne incendie de 32 M3, réserve d’eau  claire

La commune du Mont-Saint-Michel est reliée à la caserne des Pompiers de Pontorson située à 9 Kms et à l’état-major d’Avranches

Caserne des pompiers
La caserne des pompiers de Pontorson située à 9 Kms du Mont