La vie religieuse

 

Le rocher avant le Mont-Saint-Michel. Au début de notre ère, trois collines dominent une plaine boisée par « La Forêt de Scissy » : le mont Dol à l’intérieur des terres, l’îlot de Tombelaine dans la baie et le mont Tombe qui s’est trouvé isolé du continent au Xe siècle, suite à une élévation du niveau de la mer.

Voilà ce qu’est devenu le mont Tombe, à partir du XIe siècle et durant les siècles suivants. Il devient le Mont-Saint-Michel. C’est l’exploit extraordinaire des moines bâtisseurs animés par leur foi.

L’instauration du culte de l’archange saint- MichelLors de son sommeil  en 708, l’évêque d’Avranches, Aubert, voit par trois fois saint-Michel. Il reçoit l’ordre de fonder sur le rocher du mont Tombe un nouvel oratoire placé sous la protection de l’archange. L’illustration ci-dessous présente Aubert durant son songe, elle est tirée du Cartulaire du Mont-Saint-Michel.

Le Mont-Saint-Michel songe de l'évêque Aubert
Songe de l’évêque d’Avranches, Aubert – Cartulaire du Mont-Saint-Michel.

Il faut des reliques. Une petite communauté de clercs s’installe donc avec Aubert, mais il manque des reliques de saint Michel à vénérer. Alors Aubert envoie quelques religieux en Italie au sanctuaire connu à l’époque, du Monte Gargano dans les Pouilles qui domine l’Adriatique à 803 mètres.

Monte Gargano Italie vénération reliques de Saint-Michel
                Situation du Monte Gargano

C’est là qu’en 490, l’archange saint Michel apparaît à l’évêque de Siponto. Un sanctuaire est établi dans la grotte de Monte Gargano où l’on vénère des reliques de saint Michel. Les émissaires envoyés par Aubert ramènent des traces matérielles du  passage de l’archange, un morceau de son manteau, un fragment d’une pierre.  La fondation du Mont-Saint-Michel en Normandie s’inspire directement du sanctuaire italien. Ce qui explique que 10% des visiteurs étrangers actuels du Mont-Saint-Michel soient des Italiens venant sur le site français,  de saint-Michel.

L’origine de l’abbaye bénédictine du Mont-Saint-Michel est liée aux Ducs de Normandie.  Ils administrent  la province et sont très au fait de l’implantation des abbayes bénédictines. Ainsi en 966  le petit-fils de Rollon, surnommé Richard Ier sans Peur, intervient au Mont-Saint-Michel. Il apprend que la petite communauté de l’évêque Aubert qui vit au Mont, est tombée en négligence. Il décide de la remplacer et demande à l’abbaye de Saint-Wandrirlle située dans la vallée de la Seine près de Rouen, d’envoyer une douzaine de moines bénédictins afin de créer une nouvelle abbaye sur le Mont. 

966 fondation abbaye bénédictine du Mont-Saint-Michel

 

Règle de Saint-Benoît moines du Mont-Saint-Michel

La journée d’un moine est organisée selon la Règle de Saint-Benoît. Une règle de vie mesurée, équilibrée, basée sur la prière et le travail, en latin « ora et labora » :      

– L’office divinconstitué de psaumes chantés en latin dans l’église abbatiale. (7 fois par jour), ce qui deviendra le chant grégorien. En milieu de journée la célébration de la messe.   

  • Le travail manuel, l’organisation matérielle de la vie religieuse. La gestion des domaines agricoles et des fermes sur le continent. La construction des bâtiments conventuels et leur entretien.  
  • Le travail intellectuel sur les manuscrits, traductions et enluminures.     
  • L’accueil de pèlerins en très grand nombre au Moyen Age. 
  • Le Père Abbé. Il est élu par les moines. Il est leur guide spirituel et organise la vie temporelle. Il réunit les moines chaque jour dans la salle du chapître pour leur donner des instructions. Le Père Abbé au Moyen-Age, a également des responsabilités militaires.

Saint-Louis  soutient financièrement la construction de remparts et un système de défense réalisé jusqu’au XVI siècle. Le monde médiéval va se concentrer sur le rocher: un sanctuaire et ses cohortes de pèlerins, une abbaye peuplée de moines contemplatifs, conduits par un abbé qui est à la fois chef religieux et seigneur et un château fort protégeant le sanctuaire de l’archange, abritant une ville commerçante. 

Le Mont-Saint-Michel fortifications commencée par Saint-Louis
Fortifications du Mont-Saint-Michel commencé avec Saint-Louis jusqu’au XVIe siècle

Désormais et pour tout le Moyen Age, le Mont-Saint-Michel est un lieu de pèlerinages,les pèlerins viennent au « péril de la mer » y chercher la protection du chef militaire, l’archange chevalier. Demander des grâces, mais également l’appui du juge, celui qui au Jugement Dernier pèse leur âme avant de décider de son éventuelle entrée au paradis.

L’archange saint Michel entre aussi dans l’Histoire de France.  Il est adopté par les différents souverains, le sanctuaire va alors connaître une grande réputation.  Le site devient abbaye royale, l’archange devient l’image céleste des rois de France.

Jeanne d’Arc lors de son épopée raconte qu’elle entend la voix de l’archange saint Michel « je suis Michel, le protecteur de la France ». C’est pour cette raison qu’une statue de Jeanne d’Arc a été placée à l’entrée de l’église Saint-Pierre en 1909, année de sa béatification. Elle sera canonisée plus tard en 1920.                                     

Enfin Louis XI fonde l’Ordre de saint Michel, un ordre de chevalerie. 

Les Rois de France au Mont-Saint-Michel
               Les rois de France et le Mont-Saint-Michel

Huit siècles de vie monastique de 966 à 1791.  Au cours de cette période les moines bénédictins se révèlent être de grands bâtisseurs. Avec Robert de Torigni (1154 -1186) Père Abbé, l’abbaye connaît un grand rayonnement, le nombre de moines passe de 40 à 60, la production de manuscrits augmente, l’étude et la recherche prospèrent. L’abbaye est appelée « Cité des livres ». Le prestige du Mont s’accroît  et l’on voit parmi les pèlerins, de plus en plus de personnages importants. Après 1204, les vieux bâtiments ne conviennent plus, on transforme toute l’abbaye. C’est le début d’un projet grandiose d’un nouveau monastère face Nord, que les pèlerins appellent « La Merveille » . Retrouvez les photos de ces très belles salles en cliquant dans le Menu, sur la page Monument Historique.

Le Mont résiste durant la Guerre de Cent Ans.  Il a été durant 10 ans, investi et soumis à de furieux assauts de la part des Anglais à partir de l’îlot de Tombelaine, dès 1423. Ils prennent la fuite en 1434 en abandonnant une bombarde de calibre 380, sur les grèves. On peut la voir sur la droite dans la première cour, la cour de l’Avancée. On estime que c’est grâce à saint Michel archange, que le Mont a été gardé, préservé et défendu sans être pris. 

Avec la Révolution française en 1789,  les derniers moines quittent le Mont-Saint-Michel en 1791. Le Mont est surnommé le « Mont Libre ».

L’ordre des bénédictins au XXIe siècle. Il est toujours bien vivant, l’Europe est couverte de vieilles abbaye qui malgré les révolutions et les guerres ont été restaurées, elles ont essaimé sur tous les continents. On compte 8.000 moines bénédictins dans le monde, dont 729 en France.

Les moines bénédictins au 21 e siècle
      Bénédictins au XXe siècle, Saint-Benoît sur Loire

En 1865, Napoléon III, accorde un bail de sept ans à l’évêque de la Manche qui devient locataire de l’abbaye. L’évêque fait venir les Pères Missionnaires de saint-Edme afin qu’ils assurent  une certaine vie religieuse sur le Mont, durant trente six ans. Ils réalisent aussi un minimum d’entretien de la vieille abbaye bien délabrée après avoir été prison de 1793 à 1863. Mais cela s’arrête lorsque l’église abbatiale est classée Monument Historique et n’est plus utilisée pour le culte.

Les sollennités du couronnement de saint Michel en 1877. En présence de l’archevêque de Rouen primat de Normandie et des évêques de Coutances et de Rennes une statue de saint Michel reçoit religieusement une couronne. Cette cérémonie se fait en présence d’une foule estimée à près de 20.000 fidèles rasemblés sur les grèves. La couronne est une création du grand orfèvre Jean Meillerio de Paris. Mais à la suite d’un vol, une copie est réalisée et conservée encore aujourd’hui à la Maison du pèlerin.

La copie de la couronne présentée en juillet 2009, aux Archives de la Manche à Saint-Lô, lors d’une exposition.

 

L’église paroissiale Saint-Pierre devient sanctuaire officiel des pèlerinages en 1886. En 1905  malgré les lois de séparation de l’Eglise et de l’Etat,  les pèlerinages se développent quand même, grâce au tramway du Mont-Saint-Michel en service depuis 1901.

Mont-Saint-Michel arrivée tramway de pèlerins début 20e siècle
                  Arrivée d’un pèlerinage au XXe siècle

Le renouveau monastique avec l’arrivée en 2001 des Fraternités Monastiques de Jérusalem. En réponse à l’appel de l’Eglise d’aujourd’hui et à une attente du monde de ce temps profondément marqué par le phénomène urbain           

                     Tourisme cultuel,               

             environ 25.000 pèlerins par an

Fraternités Monastiques du Mont-Saint-Michel

                            Préparation d’un office

Les Fraternités Monastiques de Jérusalem. Ce sont des religieux catholiques. Ils sont de vrais religieux et non pas des figurants, comme le pensent certains touristes en visite au Mont !   

Il y a deux communautés monastiques :

  • Les Frères Abbaye BP 3 – F 50170 Le Mont-Saint-Michel. tel. 02 33 60 14 47.                               
  • Les Soeurs Abbaye BP 10 – F 50170 Le Mont-Saint-Michel. Tel. 02 33 58 74 46   

Assister aux offices, c’est possible.   

Offices Fraternités Monastiques Mont-Saint-Michel
                  Assister aux offices c’est possible                  
  • Laudes à 8 h Samedi, dimanche (jours fériés et mois d’août). Du mardi au vendredi 7 h.
  • Messe à 12 h15 en semaine. Le dimanche à 11 h30 et (Toussaint/Ascension/Assomption)
  • Vêpres à 18 h30, sauf (dimanche et lundi)

Attention : Pour chaque office, se présenter aux grilles d’entrée près de la billetterie, 15 minutes avant l’horaire, un religieux vient ouvrir. 

Mont-Saint-Michel Fraternités Monastiques la Lecture divine
            La lecture ou méditation.

Combien sont-ils ? Ils sont six religieux et huit religieuses et sont recensés comme habitants de la commune du Mont-Saint-Michel. Il faut préciser que se sont de vrais religieux, et non pas des figurants comme le pensent des touristes d’Asie qui posent la question lors de visites guidées ! Comme les moines bénédictins, leur journée se déroule avec les heures de prières et la messe. Ils accueillent et animent les pèlerinages en traversant la baie.

Le prieuré d’Ardevon. Ancien prieuré dépendant de l’abbaye du Mont-Saint-Michel, il a été acheté au département de la Manche. Il sert à accueillir des groupes de pèlerins, mais aussi pour l’organisation de retraites et de conférences pour jeunes, animées par les Fraternités Monastiques de Jérusalem et des prêtres de passage.

 

Ardevon Prieuré fondation Mont-Saint-Michel
          Le prieuré d’Ardevon, situé à 4 kms du Mont.

   La Fondation Mont-Saint-Michel       

Le prieuré d'Ardevon

       La Fondation Mont-Saint-Michel, à Ardevon